Le coin des parents : l'éducation positive

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Le coin des parents : l'éducation positive

29 mai 2018

Conseils

Le coin des parents : l'éducation positive

L'éducation positive, appelée également éducation bienveillante est un véritable phénomène de société ; on parle de plus en plus de cette "nouvelle" manière d'éduquer dans les livres et la presse parentale ainsi que sur les blogs et pages de forums. "Le livret des parents", édité par le Ministère de la Famille en 2016 (guide dont l'objectif est de répondre aux interrogations des futurs parents et de leur transmettre des repères clés), y fait d'ailleurs référence.
L’éducation positive est question d'attention bienveillante, d'éducation sans violence, d'écoute, d'encouragements, etc.
Petite explication de cette méthode :

Qu’est-ce que l’éducation positive ?

Il s'agit d'une éducation basée sur l'empathie et le respect de l'enfant, axée sur l'attitude du parent vis-à-vis de l'enfant. Cette manière d'éduquer s'oppose à toute forme de violence et s'appuie sur des principes simples tels que considérer l’enfant comme un être humain à part entière, lui donner le droit de ressentir des émotions et de les exprimer comme bon lui semble. Le parent doit prendre en compte les besoins de l'enfant comme on prend en compte ceux de tous les membres de la famille.

Comment appliquer ces principes au quotidien ?

1. En étant à l’écoute de ses enfants :
« même si le quotidien est lourd à gérer, il faut se ménager de bons moments familiaux », explique Isabelle Filliozat, dans son livre intitulé "J’ai tout essayé !" « Consacrer, ne serait-ce que dix minutes par jour de pleine disponibilité à votre enfant, pour le nourrir d’affection et de tendresse, vous assurera des soirées plus tranquilles ».

2. En lâchant du lest sur ce qui n’est pas important (est-ce vraiment grave si votre petite fille veut faire les courses déguisée en princesse ?)

3. En ne se braquant pas en cas de colère. Attention, l'éducation positive n'évite pas les conflits entre parents et enfants. Cependant, au lieu de sanctionner immédiatement l'enfant sans lui expliquer pourquoi on le punit, l'éducation bienveillante encourage à chercher une solution qui satisfait l'enfant et le parent (« On a un problème tous les deux : toi, tu veux… et moi, je veux/ toi, tu as besoin de… et moi, j’ai besoin de… »). On reste ainsi dans une relation de confiance. Le fait de rester calme et positif face à son enfant lors d'une colère est la meilleure attitude parentale à avoir.
L'idéal est de fixer les règles de la maison en présence de l'enfant qui se sentira ainsi impliqué dans la vie familiale ou de lui demander s'il a lui-même des règles à proposer. Et de formuler clairement ces règles. Dans les ouvrages dédiés à ce sujet, organiser des conseils de famille est souvent conseillé.

4. En oubliant le mythe du parent parfait. Il est difficile d’être parent ; rencontrer des difficultés, faire des erreurs n’empêcheront jamais d‘être un bon parent. Et si l’on a crié ou dit des choses désobligeantes à l’enfant, il ne faut pas hésiter à lui dire pardon et à expliquer les raisons pour lesquelles on a eu une réaction vive. Car qui dit parent bienveillant dit parent qui essaye toujours de s’améliorer.

Comment faire en cas de bêtise ?

L'un des grands principes de l'éducation bienveillante est de distinguer l'enfant de ses actes : ce n'est pas l'enfant qui est mauvais, mais ce qu'il a fait. Ainsi, l'enfant estime avoir mal agi et il essayera de se rattraper pour convenir aux attentes de ses parents. Le parent quant à lui, incite son enfant à oser et à réfléchir sur son comportement.

Dans ce mode d'éducation, on ne parle pas de récompenses ou de punitions et encore moins de vexations. Si l'enfant ne se comporte pas correctement, le parent lui explique pourquoi son attitude n'était pas bonne et ce que ce comportement engendre comme dérangement. Exemple : lorsque l’enfant traine les pieds pour aller à l’école au lieu de se fâcher ou de lui dire « dépêche-toi, sinon je pars sans toi », on va dire à l’enfant que son attitude met toute la maison en retard et on va lui expliquer que ses amis l’attendent. Par la suite, l'enfant peut choisir d'arrêter son comportement ou alors il cherche à trouver un compromis avec le parent.

Si c’est possible, le parent va demander à l’enfant de proposer une solution de réparation. Par exemple, on va inviter l’enfant à nettoyer la trace de feutre sur le canapé plutôt que de le punir.

De la même manière, un comportement positif ne doit pas aboutir à une récompense. Le parent explique de façon naturelle en quoi il apprécie le comportement et ce qu'il ressent. Le parent valorise ainsi l’enfant. Il peut aussi le remercier pour son comportement et le plaisir sera partagé des deux côtés.

Qu’en est-il de l’autorité des parents ?

L'éducation positive n'est en aucun cas une éducation laxiste. Il s'agit simplement d'une manière différente d'accompagner l'enfant dans sa prise de responsabilités. C'est aussi une méthode dans laquelle le parent doit faire un travail sur lui-même comme « annoncer des règles à l'avance et non à l'instant où l’enfant se comporte mal, pour permettre ainsi à l'enfant d'anticiper et de savoir quel comportement est le plus adapté à la situation », explique Stephan Valentin, psychologue et conférencier spécialiste de l'enfance et de l'adolescence. « Exprimer des interdits de façon positive, s'entraîner à dire ce qu'on a le droit de faire, plutôt que de souligner sans cesse ce qui est interdit », conclut-t-il. 

Les critiques de l’éducation positive

Cette méthode a été souvent critiqué car elle requiert des trésors de patience que le parent n’est pas toujours capable de trouver immédiatement. Difficile de faire de gros d'efforts émotionnels lorsqu’on rentre d’une journée de travail chargée par exemple.
L’éducation positive serait également coupable d’instaurer le fantasme d’une vie familiale sans colères. « Faire croire aux parents qu’ils pourraient éduquer sans conflit et devraient surtout réussir à faire abstraction d’eux-mêmes, à tout supporter, à n’avoir jamais un mot plus haut que l’autre et à rester zen en toutes circonstances est une absurdité. Une absurdité culpabilisante et dangereuse pour leurs enfants », fustige ainsi Claude Halmos, psychanalyste spécialiste de l’enfance et de la maltraitance.

La parentalité bienveillante érigée comme un idéal pourrait aussi nuire au libre arbitre de certains parents : « la parentalité est de plus en plus considérée comme quelque chose qui s’apprend, avec des méthodes clé en main », analyse Nicolas Marquis, sociologue. Elle peut aussi entraîner dans une course au parent modèle avec bien des déceptions à la clé. « Quand la négociation avec l’enfant ne fonctionne pas, certains parents culpabilisent et se disent que c’est de leur faute. Alors que l’éducation positive n’est pas une méthode miracle », souligne Nicolas Marquis. « Il faut au contraire, inciter les parents à expérimenter, quitte à se tromper. Et au final à se faire confiance ».

Article écrit par Luciane CUISIGNIEZ, éducatrice jeunes enfants. 

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